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Résidence Interface : Art & Science 2018-2019

Exposition

Interface : Art & Science

Du Mont-Mégantic aux exoplanètes

01.04 — 01.09 / 2018-2019

Je suis un photographe paysagiste, j’ai commencé à photographier, lors de longues randonnées en montagnes, dans les Chic-Chocs, au New-Hampshire et en Estrie. Je recommençais sans cesse les mêmes images, dans les mêmes lieux, surtout au Mont-Albert dans le parc national de la Gaspésie.

Lors de ma maîtrise, j’ai commencé par chercher le mot nature dans la base de données de la bibliothèque de l’UQAM. J’ai ensuite constitué une bibliographie à partir de milliers de résultats provenant des écrits d’Aristote, de Lucrèce, de Kepler, de Descartes, de Rousseau, jusqu’à ceux d’Hubert Reeves. Ces textes m’ont initié aux méthodes scientifiques et aux instruments de collectes de données qu’utilisent les scientifiques pour définir notre monde. Ces lectures ont inspiré ma méthode, devenue systématique, dans mon travail. J’étudie d’abord des phénomènes pour ensuite construire un récepteur, un senseur, une machine, bref quelque chose qui me permet de créer des images, des sons ou des vidéos. J’ai réalisé plusieurs projets inspirés par l’espace, le Soleil, les exoplanètes, Titan une lune de Jupiter, le Big-bang …

Afin de poursuivre mes recherches, je serai en résidence pour une période d’au moins 12 mois au sein de trois organisations phares de l’astronomie et de l’astrophysique du Québec : L’Observatoire du Mont-Mégantic, l’iREx et l’ASTROlab du Mont-Mégantic.

Nous sommes à un moment particulier de l’histoire de l’astronomie, celle de la découverte d’exoplanètes. L’iREx et des milliers de scientifiques collaborent à une expérience encore plus incroyable : trouver de la vie à l’extérieur de notre système solaire.

Afin d’accomplir cette quête, les scientifiques multiplient les instruments. De plus en plus complexes, observatoires et satellites récoltent des sommes colossales d’informations. Dans l’infinitude du ciel, ils cherchent de microscopiques variations de lumière révélant la présence d’une planète en transit devant son soleil. Les résultats de ces expériences sont abstraits, constitués d’extraordinaires images d’étoiles et de millions de graphiques, de tableaux et d’analyses totalement obscures pour les néophytes (dont je suis).

Alors que les scientifiques collectent des photons avec leurs instruments ultras précis, la voûte étoilée, celle accessible à notre regard, disparaît sous l’éclairage de nos villes. L’expérience du ciel et de ses phénomènes avec nos simples yeux, celle qui a inspiré les astronomes chinois, les philosophes grecs et les mathématiciens arabes est de nos jours devenue presque impossible. La réserve du ciel étoilée du Mont-Mégantic a vu le jour afin de préserver aujourd’hui et pour l’avenir, l’accès pour tous à l’expérience du ciel étoilé. Si au départ préserver la noirceur du ciel avait pour but la poursuite d’expériences astronomiques, elle a un autre effet, celui de permettre de voir le ciel avec nos yeux, de contempler le théâtre du monde, celui qui, il n’y a pas si longtemps guidait nos voyages, inspirait nos mythes et éclairait nos nuits.

J’entreprends cette résidence comme un voyage. Il oscillera entre ce que nous pouvons voir et ce que les instruments nous révèlent.

– Jean-Pierre Aubé

L’Observatoire du Mont-Mégantic est au coeur de la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic (RICEMM), qui couvre une superficie de près de 5 500 km2. Il s’agit d’une infrastructure majeure dédiée à la recherche fondamentale en astrophysique administrée conjointement par l’Université de Montréal et l’Université Laval.

L’Institut de recherche sur les exoplanètes – iREx – regroupe les meilleurs chercheurs et leurs étudiants afin de tirer pleinement profit des grands projets observationnels en cours ou à venir, avec l’objectif ultime de trouver de la vie à l’extérieur de notre système solaire.

L’Astrolab du Mont-Mégantic est un musée scientifique et un centre d’interprétation et de vulgarisation scientifique dédié à l’astronomie et à l’astrophysique.

Biographie

Jean-Pierre Aubé est un artiste montréalais. Après des études en photographie à l’Université Concordia, il a complété une maîtrise en arts visuels à l’UQAM. Sa démarche interdisciplinaire (performance sonore, art médiatique, installation, photographie) emprunte aux méthodes scientifiques les procédés de collecte de données. L’artiste a participé à plusieurs expositions, performances et événements artistiques ici et dans une quinzaine de pays, dont Rendre réel (Ottawa, 2007, Scène Québec); Dataesthetics, Nova Gallery (Zagreb, Croatie, 2006); Electromagnetic Bodies (ZKM, Karlsrhue, MadridMedialab, Madrid, V2, Rotterdam). Au Québec il a exposé au Musée National des beaux arts, Musée d’art contemporain et a participer à de nombreuses performances, notamment à Mutek et Elektra. En 2015, en plus d’une exposition solo à RadioArteMobile (Rome), Aubé fut invité, par la galerie de l’UQAM et le Conseil des art du Québec, à performer à la biennale de Venise.

http://www.kloud.org/