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Émile Morin – résidence art-science 2016-2017

Exposition

Emile Morin

Résidence art-science

01.09 — 01.09 / 2016-2017

C’est avec grand plaisir que Sporobole, en collaboration avec l’Université de Sherbrooke, accueille l’artiste Émile Morin dans le contexte de la résidence art-science 2016-2017. L’artiste est jumelé avec le professeur Patrice Masson et le professionnel de recherche Nicolas Quaegebeur du Groupe d’acoustique de l’Université de Sherbrooke (GAUS).

Le travail de création d’Émile Morin est celui d’une constante tentative de développer des systèmes complexes qui émergent de l’interaction de divers codes, par l’imbrication de dispositifs qui sont initialement étrangers l’un à l’autre. Ses pièces utilisent entre autres, les dérangements des processus perceptuels; font usage d’algorithmes pour leur automatisation; s’attarde, par une pratique de l’entrelacement à réaffirmer la complexité du monde.

Émile Morin s’intéresse à l’architectonique des oeuvres, pour mettre en évidence l’imbrication étroite de certaines oeuvres avec les dispositifs (conceptuelles et technologiques) qui les composent. Plus qu’une simple compréhension machinique des oeuvres, il suppose que l’on s’intéresse aux fonctionnements mêmes de leurs dispositifs afin d’en révéler les modalités opérationnelles qui s’inscrivent comme de nouveaux langages, qu’il faut étudier pour ensuite les traduire et les transposer.

C’est cette approche qu’il propose de mettre en oeuvre pour cette résidence sur le territoire croisé de l’art et la science. Elle délimite le fondement de sa collaboration avec les chercheurs du GAUS (groupe d’acoustique de l’Université de Sherbrooke), par la découverte préalable du territoire de recherche des scientifiques, avec ses codes, ses procédures, et la nature des embrassements qui s’y produisent.

Si c’est par l’échange des savoirs qu’il compte tracer les conditions de cette recherche conjointe, cela nécessite d’en différer toute préconception de l’aboutissement. Il demeure qu’Émile Morin y cherche, comme dans l’ensemble de son travail de création, à développer des systèmes complexes, inédits et imprévus, et cela, en tentant de tracer les modes opérationnels des dispositifs scientifiques des chercheurs associés; d’en traquer les anomalies acoustiques; d’imaginer leurs détournements possibles; de chercher à rendre visibles les inaudibles ultrasons qui les occupent; de rendre audible l’espace sonore comme on ne l’a jamais vu…

Biographie

Émile Morin est artiste indépendant basé à Québec, ses nombreuses installations et œuvres scéniques furent présentées en Europe, en Australie, aux États-Unis et au Canada. Parmi d’autres, au Châtelet de Paris (France), au Tesla de Berlin (Allemagne), au festival BEAP à Perth (Australie), au Banff Center et au Musée d’art contemporain de Montréal (Canada).

Sa trajectoire professionnelle est composée d’une pratique artistique continue et de la direction artistique d’organisations reconnues pour leur singularité, Recto Verso et son festival Le Mois Multi ainsi qu’Avatar, l’association de création sonore. Par le développement d’une pensée de renouvellement des formes au sein de groupes de création précurseurs qu’il a dirigé, il a nourri une connaissance avancée de la création multidisciplinaire et de l’art numérique (autant pratique que théorique), il a développé des stratégies de création innovatrices, tout comme des moyens techniques de création inédits. De plus, il a collaboré à plusieurs événements nationaux et internationaux et auprès de structures gouvernementales comme consultant et penseur afin d’analyser, comprendre et définir les paramètres des nouveaux axes de création, que ce soit en multidisciplinarité ou en art numérique. Basée sur ce qu’il appelle une “esthétique de la complexité”, sa création utilise et juxtapose plusieurs disciplines afin d’élaborer des installations, des espaces scénographiques, des œuvres immersives et des constructions « dramatiques ». La multidisciplinarité qui caractérise ses œuvres révèle sa singularité dans l’utilisation systématique d’une multitude de mécaniques qui reproduisent et détournent des effets, des phénomènes et des mouvements de la nature ou encore les fonctions premières des objets eux-mêmes.  L’élaboration de ses dispositifs sonores et visuels cherche à provoquer et à modifier les modes de perception du spectateur, sa compréhension de l’espace qu’il habite et qui l’entoure. Depuis plusieurs années, Émile Morin fait usage intensif, mais critique, des nouveaux outils technologiques.

Lien(s) utile :
http://www.emilemorin.me/