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Juan Ortiz-Apuy

Exposition

Juan Ortiz-Apuy

The Freedom Fighter Manual

20.09 — 21.10 / 2012

© Juan Ortiz-Apuy, The Freedom Fighter Manual (détail), 2011

Vernissage le 20 Septembre 2012 – 17h

The Freedom Fighter Manual

The Freedom Fighter Manual désigne une œuvre installative présentée dans un couloir construit au centre de la salle d’exposition de Sporobole. Conçue comme une installation de sérigraphies apparaissant et disparaissant mystérieusement dans l’obscurité, The Freedom Fighter Manual traite de pouvoir et de langage. Cette dyade se retrouve également sur les murs de la galerie, où des photographies et une vidéo posent, sous de faux airs ludiques, la question du pouvoir.

The Freedom Fighter Manual est un document de 17 pages, imprimé par la CIA et aérolargué au Nicaragua en 1983 dans le cadre d’une opération secrète visant à renverser le gouvernement sandiniste (mouvement qui doit son nom à Augusto Sandino, figure de proue de la résistance à l’occupation militaire étatsunienne). Le manuel contient une série d’instructions en matière de désobéissance civile et de révolte, invitant la population à poser des gestes apparemment anodins – destruction de livres, absentéisme au travail sous prétexte de maladie, fausses réservations d’hôtel –, jusqu’à des projets plus violents, comme la fabrication d’un cocktail Molotov ou d’une bombe incendiaire.

Explorant la capacité du langage à générer des images, des objets et des situations, Juan Ortiz-Apuy considère celui-ci aussi bien comme un matériel culturel existant et une ineffable rumination qu’un événement se déroulant dans l’espace social. Son travail puise dans une expérience personnelle de déplacements géographiques et culturels, du Sud au Nord, du prétendu tiers-monde aux pays industrialisés. Cette position l’a amené à s’intéresser aux interstices et aux chevauchements qui existent entre le langage, l’identité et la violence.

Sur fond de parcours et de voyage, Ortiz-Apuy élabore des outils et une méthodologie qui invoquent la carte géographique pour relier les villes petites et grandes, les concepts et les sources. Il traduit les idées en formes, comme en témoignent le corpus d’œuvres Species of Spaces Series et A Map of the Empire of Language as a Place of Struggle, qui complète l’installation.

« Mon intention n’est pas seulement d’exposer le langage, mais également de jouer avec celui-ci – de retenir certaines informations et de suggérer des sens cachés, des jeux et des énigmes. Ainsi, The Freedom Fighter Manual et la série Species of Spaces, présentés à Sporobole, reflètent l’idée selon laquelle le pouvoir entraîne la résistance, et la résistance, de nouvelles formes de pouvoir. C’est en partie mon intention que de mettre en lumière cette contradiction et cette impasse et d’évoquer, de ce fait, la possibilité paradoxale d’une adéquation entre activisme et inaction. » J.O.A.

Lien vers la page de l’activité périphérique de l’exposition The Freedom Fighter Manual.

 

Crédit photo : Jocelyn Riendeau

Biographie

Né en 1980 à Tilaran, au Costa Rica, Juan Ortiz-Apuy vit et travaille actuellement à Montréal. Il détient un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia (2008), un diplôme d’études supérieures de la Glasgow School of Art, Écosse (2009), ainsi qu’une maîtrise du Nova Scotia College of Art and Design, Halifax (2011). Gallery PUSH, Anna Leonowens Gallery, le MacLaren Arts Centre, ainsi que la Whippersnapper Gallery de Toronto lui ont récemment consacré des expositions individuelles. Il fait partie des finalistes du prix ABotM de l’Art Gallery of York University et a récemment remporté des prix au Halifax Regional Municipality Contemporary Visual Art Award 2011 et au concours Jeune tête d’affiche de Dazibao en 2010. Son travail a par ailleurs été couvert dans plusieurs journaux, revues et livres, notamment The Brave New Avant Garde de Marc James Léger.

 

Lien(s) utile(s) :
www.juanortiz-apuy.com