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ÉMILE MORIN / BétaLab0219

Exposition

ÉMILE MORIN

Miroir actif

05.04 — 04.05 / 2019

Vernissage le 5 Avril 2019 – Notez que les dates sont sujettes à changer

Projet conçu et développé en étroite collaboration avec Nicolas Quagebeur et Patrice Masson, chercheurs au GAUS, le groupe de recherche en acoustique du département de Génie mécanique de l’Université de Sherbrooke.

Ce dispositif intègre trois modules actifs; dont chacun répond d’une mécanique spécifique; possède un module, un protocole et une logique de contrôle indépendante; agit sur une échelle sensorielle qui lui est propre, celle du champ visuel et du champ sonore, et celle d’une reconnaissance de l’environnement. Ces trois composantes sont étroitement intégrées, si les deux premières sont les composantes actives et agissantes du dispositif, la troisième transforme le système qu’elles forment ensemble, en un environnement sensible et réactif. Ils répondent ensemble d’un même concept central basé sur une transformation dynamique de la réflexion visuelle et acoustique de l’espace dans lequel le dispositif est installé. Il s’agit en ce sens, de trois systèmes de réflexion et de résonance de l’environnement immédiat. Mais de plus, ils opèrent à travers une architecture de contrôle complexe qui s’établit sur une mise en tension constante des notions de réflexion et de déflexion, de correction et de distorsion, de capture et de retournement. Ce sont ainsi trois miroirs, tributaires d’une même logique opératoire, mais qui portent sur une expérience sensible autonome, qui entrelacent leur mode de réflexion pour former un système complexe cohérent.

Le module visuel | déflexion – distorsion

C’est l’échelle visuelle de dispositif. Elle se compose d’une membrane active, un système dynamique qui emprunte aux principes technologiques des miroirs adaptatifs de l’astronomie, par modification du relief de sa surface réfléchissante à l’aide d’une matrice mécanique. Mais, contrairement au miroir adaptatif d’un télescope spatial, qui se définit autour de sa fonction unique de correction d’aberrations optiques, avec ce système, on s’intéresse
plutôt à une distorsion contrôlée et évolutive.

Le module sonore | le champ acoustique

Si sa mécanique sonore s’élabore sur les principes de la synthèse de champ acoustique, le module audio intègre de plus un procédé employé en physique, le miroir à retournement temporel, par lequel les ondes reprennent à l’inverse le chemin de leur propagation dans l’espace et retournent exactement à la position initiale de leur émission.

Le module de détection | le miroir inversé

C’est le module non apparent du dispositif. Un système permettant la détection de la présence physique de corps devant la membrane, d’en détecter par télémétrie la position ainsi que la forme. De plus, il permet de reconnaissance des limites physiques de l’espace occupé.

Biographie

Émile Morin est artiste indépendant basé à Québec, ses nombreuses installations et œuvres scéniques furent présentées en Europe, en Australie, aux États-Unis et au Canada. Parmi d’autres, au Châtelet de Paris (France), au Tesla de Berlin (Allemagne), au festival BEAP à Perth (Australie), au Banff Center et au Musée d’art contemporain de Montréal (Canada).

Sa trajectoire professionnelle est composée d’une pratique artistique continue et de la direction artistique d’organisations reconnues pour leur singularité, Recto Verso et son festival Le Mois Multi ainsi qu’Avatar, l’association de création sonore. Par le développement d’une pensée de renouvellement des formes au sein de groupes de création précurseurs qu’il a dirigé, il a nourri une connaissance avancée de la création multidisciplinaire et de l’art numérique (autant pratique que théorique), il a développé des stratégies de création innovatrices, tout comme des moyens techniques de création inédits. De plus, il a collaboré à plusieurs événements nationaux et internationaux et auprès de structures gouvernementales comme consultant et penseur afin d’analyser, comprendre et définir les paramètres des nouveaux axes de création, que ce soit en multidisciplinarité ou en art numérique. Basée sur ce qu’il appelle une “esthétique de la complexité”, sa création utilise et juxtapose plusieurs disciplines afin d’élaborer des installations, des espaces scénographiques, des œuvres immersives et des constructions « dramatiques ». La multidisciplinarité qui caractérise ses œuvres révèle sa singularité dans l’utilisation systématique d’une multitude de mécaniques qui reproduisent et détournent des effets, des phénomènes et des mouvements de la nature ou encore les fonctions premières des objets eux-mêmes.  L’élaboration de ses dispositifs sonores et visuels cherche à provoquer et à modifier les modes de perception du spectateur, sa compréhension de l’espace qu’il habite et qui l’entoure. Depuis plusieurs années, Émile Morin fait usage intensif, mais critique, des nouveaux outils technologiques.

https://www.emilemorin.me/